Genèse, Chapitre 20

Cet épisode est aussi surprenant que « criant » de la parfaite Justice de Dieu !

Depuis une année j’ai repris la lecture du Livre de la Genèse, et je n’ai publié que les 6 premiers chapitres « revisités ». Il me reste à transcrire mes notes jusqu’au chapitre 19. Mais aujourd’hui, j’ai à coeur de mettre en avant ce chapitre 20, tellement il m’apparaît tel un « cri du coeur de Dieu » au plus profond de mon être durant cette lecture, avec une question tant pour moi que pour vous qui lirez ces lignes :

T’es-tu déjà senti comme un étranger, ou comme la 5ème roue d’un char, ou encore comme celui ou celle à qui l’on a donné le mauvais rôle d’une pièce douteuse ? Si oui, comme moi tu as régulièrement le sentiment de jouer le mauvais rôle qu’aucun acteur ne souhaite endosser, alors ce chapitre est pour toi.

Revenons à notre texte que je vous laisse relire dans la version de votre choix. Depuis quelques mois j’ai fait l’acquisition d’une version récente, la NFC (Nouvelle Français Courant) et du fait de relire un texte tellement connu en d’autres mots que ceux dont j’ai été abreuvée depuis mon enfance, cette relecture m’a fait découvrir un aspect que je n’avais jamais relevé jusqu’à hier soir.

Nos deux acteurs principaux sont Abraham et Abimelek. Abraham est dans le « bon camp » il est l’appelé, l’élu du Dieu Très-Haut, un homme fort riche, respecté et craint par sa seule réputation de prophète de l’Eternel à qui Dieu donne victoire, succès et plénitude que tous les peuples d’alors reconnaissaient comme étant Le vrai Dieu, tellement « Très-Haut » que le seul moyen de l’atteindre et surtout de lui être agréable était de s’en remettre à un intermédiaire par l’adoration de divinités diverses, au travers de « prêtres coutumiers » qui pouvaient ainsi apaiser LE Dieu unique que nul ne pouvait approcher.

Abimelek était le roi de l’un de ces peuples. Selon les règles d’alors, il avait droit de vie et de mort sur tout autre être humain. C’est ainsi que voyant la beauté de Sara qui lui a été présentée comme étant la sœur d’Abraham, il la fit enlever. Manière un peu cavalière pour nous aujourd’hui et pourtant Abraham ne semble pas faire mine de partir en guerre contre lui.

Lui, le grand prophète de l’Eternel est assez mal pris dans cette affaire, car il en est le seul responsable : il a menti par peur d’être tué par Abimelek à cause de la beauté de son épouse.

Dieu fait vraiment les choses comme Il veut, comme Il sait être le meilleur pédagogue pour se faire connaître. Il laisse Abraham se dépatouiller avec sa culpabilité certaine. Il ne lui parle pas et doit lui sembler bien absent.

De son côté, Abimelek, se révèle être un homme droit dont Dieu Lui-même donne un vibrant témoignage d’honnêteté ! (v. 7) A tel point qu’Il va lui parler « en direct ». Je ne sais pas si cela lui arrivait souvent d’entendre le Dieu de l’univers lui parler, mais une chose est certaine, c’est que cet homme, reconnaît la voix de Dieu, il l’écoute et réalise à quel point il a frôlé la catastrophe s’il avait précipité les « choses » en ayant eu des rapports physiques avec Sara. Il va obéir à la lettre aux instructions de Dieu qui demeure fidèle à Abraham son serviteur, son prophète malgré sa faute !

Dieu est saint, ce qui veut dire qu’en sa présence RIEN d’injuste ne peut subsister. Il ne peut tolérer l’intolérable. Abimelek s’est rendu coupable sans le savoir, mais cela ne suffira pas à le disculper. Pour Dieu, la sentence doit tomber car il ne peut pas « se renier lui-même » par simple gentillesse tolérante, faisant une exception à cause de la « bonne figure » de ce roi. Il ira jusqu’à lui dire que c’est par la prière d’Abraham que lui et ses femmes vont recevoir la guérison miraculeuse de la plaie dont ils ont été frappés. Et cet homme qui ne fait pas partie du peuple que Dieu s’est choisi à partir d’Abraham, se plie aux exigences du Dieu Très-Haut, car il sait qu’il a raison et il ne cherchera pas à négocier.

De son côté, Abraham appelé à devenir le « père de tous les croyants », ne semble pas avoir encore bien compris qui est son Dieu. A sa décharge, je dirais qu’il ne marche avec lui que depuis peu, il est encore à l’école, en chemin vers une connaissance intime de ce Dieu qu’il a suivi aveuglément, on l’a vu dans les chapitres précédents.

Mais son attitude me surprend. Il se montre tel un humain  très ordinaire prêt à abandonner sa Sara bien-aimée pour sauver sa peau ! Il ne montre aucune « grandeur d’âme ». Pas très héroïque notre père Abraham ! Il ira même jusqu’à essayer de se disculper en rajoutant une couche à sa lâcheté, par une insulte à cet homme qui l’avait accueilli sur ses terres en lui disant, les yeux dans les yeux qu’il l’avait jugé comme un mécréant, sans respect pour l’Eternel.

Et de son côté notre « petit roi terrien qui semblait sans foi ni loi, va réitérer son accueil et lui permettra de s’installer sur ses terres où bon lui semblera pour le temps qu’il voudra !

Quel exemple !

Pour moi aujourd’hui, je crois que je me suis souvent retrouvée dans l’un de nos deux personnages. Parfois dans la peau de ce « croyant humain avec peu de foi » et d’autres fois, comme ce roi païen qui reconnaît la voix de Dieu tandis qu’il est jugé comme un mécréant cruel et méchant.

Ces deux hommes ont des rôles opposés et pourtant terriblement semblables. Deux êtres humains, dont l’un a commencé à marcher avec Dieu sans tout avoir bien compris au point de craindre pour sa peau abandonnant sa femme. Tandis que l’autre vit sa vie selon sa culture, ses rites et sa connaissance limitée d’un être supérieur au-dessus de lui, avec droiture et honnêteté.

Et moi, du haut de ma petite taille de croyante en mon Dieu, même à passé 70 ans je me reconnais en Abraham qui a remporté de belles victoires avec Dieu mais encore en proie à la crainte. Je reconnais en Abimelek une multitude de personnes qui ont croisé ma route, ne correspondant pas à « mes convictions spirituelles » et qui ont pourtant jalonné ma vie, tels des instruments divins pour me secourir, m’assister, me soigner, m’accueillir, m’aimer et me faire découvrir que la Foi que Dieu a déposé en moi, est la même que beaucoup d’entre eux ont reçu sans en connaître l’origine.

Certains de mes compères Abraham ont cheminé avec moi et découvrent à quel point nous pouvons être « pire que les païens », raison pour laquelle nous aspirons à plus d’humilité et de sagesse pour cesser de juger qui que ce soit. D’autres m’ont tourné le dos car je n’étais pas assez « séparée des autres », en patois chrétien je ne suis « pas assez sainte » pour eux.

Mes Abimelek, eux sont toujours là, m’entourant de leur amitié, de leur bonté, de leur générosité malgré les étiquettes que la religion leur colle, telles que agnostiques, athées, musulmans, animistes, croyants mais non pratiquant etc. etc. etc.

Et par ce chapitre de la genèse de notre histoire humaine, mon Dieu m’offre une fois de plus l’occasion de « réviser ma copie » et de rester sur les bancs de son Ecole de vie. Je veux poursuivre ma route de transformation de mon être intérieur par la lecture de Sa Parole, non pas pour « grossir en connaissance », prendre de l’embonpoint, devenir obèse en littérature chrétienne, mais bien plus pour lui ressembler chaque jour davantage !

J’ai encore du chemin à faire pour accepter les « mauvais rôles » qui peuvent encore m’être assignés. pour devenir tout simplement la femme que Dieu veut que je sois jouant LE rôle dans lequel il a placé ma destinée dans sa prescience parfaite !

Le chemin est parfois long et caillouteux mais son aboutissement est assurément le meilleur !

21 novembre 2021

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