Introduction

Au moment d’ouvrir le Carnet de Route caché au fond de sa mémoire, je réalise à quel point la route a toujours fait partie de ma vie…

La notion d’un Carnet de Route pour une Tine toujours en mouvement relève d’une aberration, car j’ai (presque) toujours été en route vers une destination quelconque et le plus juste aurait été d’écrire un « carnet de pause » lesquelles ont été beaucoup plus occasionnelles…

Mais bon, comme j’ai vraiment envie de partager les impressions récoltées au cour de mes voyages, je vais essayer d’en résumer les faits les plus marquants…

Mais attention aux déceptions possibles, car ce qui aura été pour moi un voyage de grande envergure ne l’aurait peut-être pas été pour vous, mes lecteurs.

Chronologie

Lorsqu’un voyageur prend la route, il se contraint (généralement) à tenir un journal de bord pour ne rien perdre de chaque étape du départ à l’arrivée. Un voyage est fait de multiples départs, de pauses, de marches, de repos et d’arrivées sans cesse répétés. Sans chronologie, son récit risquerait de ressembler à un puzzle en désordre et incomplet…

Mais voilà, je n’y suis jamais arrivée, tout était tellement brûlant dans mon coeur, que ma plume n’a jamais su transcrire l’intensité de chaque moment, de chaque kilomètre, de chaque rencontre…

Et c’est pourtant ce risque que je prends en ouvrant ce Carnet de Route.

D’une part parce que je n’en ai jamais écrit réellement et que seule ma mémoire pourra transcrire à ma plume l’essentiel de mes voyages pour les saisir sur cet ordinateur… Mais également parce que sont demeurés au fond de mon cœur bien plus qu’au fond de ma mémoire des éléments que rien ne pourra effacer et dont le calendrier n’a que faire. Parfois je ferai peut-être appel aux courriers envoyés à mes parents pour rester fidèle à la réalité… mais la plupart du temps, je vais remonter le temps et refaire avec vous mes voyages à l’envers…

Aussi, ce Carnet de Route ne sera en aucun cas un dépliant touristique visant à promouvoir la visite de tel ou tel site pas plus qu’à motiver le lecteur à entreprendre un quelconque voyage géographiquement parlant…

Et si des impressions de voyage transcrites sur ces pages parviennent à transporter certains d’entre vous dans un autre temps, dans une autre réalité que celle du présent, alors j’en serais pleinement satisfaite… ceci dit, sans fausse modestie bien sûr… (!?).

Voyage dans le Temps

Un jour, j’entrepris de faire revisiter certains lieux à mon fils aîné, Philippe. Il avait alors 18 ou 20 ans. C’était peut-être bien dans le cadre des heures de conduite « auto-école » pour lui faire pratiquer un peu d’autoroute. Je l’emmenai donc au bord du Lac Léman, de Nyon et à Préverenges où il avait vécu entre 3 et 6 ans. Ce fut bien sûr un moment de partage unique, l’occasion de se rappeler de ses premières petites copines, ses premiers jours au Jardin d’Enfants à Crans, ses premiers jours d’école à Nyon…

Bref, notre remontée dans le temps de sa petite enfance était tantôt mélancolique, tantôt comique et surtout empreinte de beaucoup de tendresse.

Ce qui m’a frappée ce jour-là, c’est son expression d’émerveillement lorsqu’il a revu le petit chemin sur lequel il avait appris à faire du vélo !

Je connaissais l’importance de ses émotions pour les grands jours de sa vie de petit garçon qui apprenait à vivre loin de la protection de ses parents (jouer dehors, aller à l’école…) mais il ne m’avait jamais parlé de cette expérience – somme toute, traumatisante – de son apprentissage de cycliste.

Arrivés sur ce petit chemin, il s’est accroupi, regardé « au loin », scrutant cet horizon avec insistance… “c’était vraiment que j’ai pédalé tout seul pour la première fois sans les 2 petites roues à l’arrière de mon vélo ?”. A mon affirmation qui ne lui permettait aucun doute il n’en croyait pas ses yeux :

pour lui, dans son souvenir, il s’agissait d’une vraie grande route sur laquelle il avait été lâché avec une voix plus ou moins encourageante, qui s’éloignait de lui en criant :

« vas-y, pédale… vas-y… continue ! »…

Peu à peu, il se souvenait des lieux… mais tout lui semblait être miniaturisé… le sentiment de peur qui était resté dans sa mémoire lui apparut soudainement si démesuré ! Ce n’était pas possible d’avoir eu aussi peur et d’avoir eu l’impression d’accomplir un tel exploit pour faire ce tout petit bout de chemin en trois tours de roue d’un tout petit vélo…

Mais il n’avait alors que 3 ans et demi… et sa peur, l’impression de grandeur de « route », du danger et peut-être même de l’abandon était à la mesure de son âge

Voilà ce que peuvent parfois refléter nos sentiments, lorsque nous parcourons des chemins inconnus, des lieux lointains et des cultures étrangères aux nôtres.

Et lorsque beaucoup plus tard nous tournons les pages d’un album de photos il peut même nous arriver de nous demander si c’est bien nous qui avions passé « par là »…

Je souhaite parvenir à rester fidèle et ne pas grossir ou miniaturisé mes souvenirs à l’image du souvenir d’enfance de Philippe.

Ce Carnet de Route revêtira certainement divers aspects de mes voyages effectués :

  • Y avoir été et n’en être jamais revenue.
  • L’inévitable “comme si c’était hier” ou “il y a des siècles“…
  • L’absence de ceux qu’on a laissés et la présence de ceux qu’on a rejoints

Alors ne me gardez pas trop rigueur si la chronologie fait défaut dans mes récits et si parfois vous aurez le sentiment de ramasser tout en vrac, tel un amas de cartes postales expédiées d’ici ou là.

Novembre 2019/Tine

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