A l’heure qu’il est…

Tandis que je reprends ma plume en “révisant” mon Carnet de Route, évoquant le bonheur représenté par chacun de mes “voyages” entrepris de ma propre volonté, de mon libre choix qui m’ont permis de réaliser plusieurs rêves durant ces décennies écoulées. Je découvre alors qu’un “Carnet de Pause” sera plus judicieux à écrire…

Depuis 4 semaines, forcée et contrainte, je suis confinée comme pratiquement tout le reste de la Planète Terre ! Plus question de routes, ni d’aucun déplacement dans le temps et l’espace. Du coup, d’autres réflexions m’habitent sur le fait de voyager… c’est quoi ?

Ce qui sera assurément un autre chapitre de mon Carnet de Route !…

Mais aujourd’hui, le pire, bien pire pour moi est arrivé, faisant face à une situation tellement inimaginable il y a quelques semaines en arrière, au point de voir l’un de mes plus beaux rêves de ces 30 dernières années, sur le point d’être gommé juste avant sa réalisation !

Privation de liberté, plus de libre choix…

Comment le vivre ? Comment le gérer ?

Pour l’heure, l’acceptation s’avère assurément la meilleure attitude et je me surprends, face à ce qui a toutes les allures d’un véritable drame émotionnel, pour moi qui, laisse souvent mes émotions sinon me submerger, du moins m’inspirer, voire me guider, miraculeusement, je garde raison, sérénité et assurance, car persuadée que rien n’arrive pour rien, tout comme rien n’est annulé pour du néant.

Certes, le calme et la tranquillité qui m’habitent sont les fruits de ma Confiance en Celui qui est au contrôle de tout sur Terre, dans le Ciel et sur ma vie, et oui, j’ai osé évoquer ici :

Dieu, Mon Dieu, Le Grand, seul et unique Dieu, Créateur de l’Univers, Le Dieu de La Bible !

Et c’est ainsi, avec Lui, par Lui et pour Lui, que je veux rester debout quand tout voudrait me terrasser et je continuerai de m’émerveiller avec reconnaissance, de la beauté de ce qui nous entoure, où que nous soyons, où que nous vivions et quoique nous traversions !

Yessssss ! AMEN !

Voyager, c’est quoi ?

Au moment de reprendre mon Carnet de Route, la tentation était grande de décrire dans le détail mon plus « grand » voyage, aussi bien par son aspect relativement exceptionnel, que long, lointain et peu commun pour une jeune femme de 19 ans…

Mais… une question s’impose : voyager c’est quoi ?

Partir pour partir, sans but précis ?

La recherche de sensations nouvelles, fuir le présent ?

Viser un but, une destination, sans se préoccuper du chemin à parcourir ?

Prendre la route, à pied, à cheval, en cariole sur un sentier de terre,

Embarquer à bord d’un paquebot, d’un avion, ou d’une auto…

Peu importe, pour moi, sortir de chez soi,

C’est déjà un voyage, changer d’horizon, de l’autre côté de la rue, c’est … aller vers l’autre

A 10 ans, j’ai eu le privilège de découvrir le Sud de la France pour un mois de vacances de remise en forme au bord de la mer, après une une épidémie de poliomyélite. En 1959, c’était un exploit pour une gamine, fille d’ouvriers et ce fut ma première expérience de partage avec une famille étrangère, parlant la même langue que moi, avec un accent fort différent du mien… (!)

A 15 ans, j’ai décidé de prendre le train pour aller rendre visite à ma famille dans le Canton du Valais – toute seule – sans mon père qui nous y emmenaient lorsque nous étions enfants, pour voir notre grand-mère que nous connaissions si peu. C’était déjà de véritables voyages, chargés d’aventures et de souvenirs mémorables, embarqués dans la voiture du mari de ma sœur aînée, le « seul motorisé » de la famille. A 8 dans cette vieille berline américaine décapotable ! Quelle merveilleuse sensation de liberté, les cheveux dans le vent pour parcourir moins d’une centaine de kilomètres, et que de fous-rires lorsque l’orage s’est invité sous la toile de la capote percée !

Bien différent fut donc mon premier voyage en solitaire pour aller à la rencontre de ma famille paternelle, me rapprocher de mes cousines et la délicieuse expérience d’être reçue avec tant de bienveillance par mes tantes avec lesquelles j’ai eu beaucoup de bonheur de les voir rire aux éclats en évoquant pour moi leurs souvenirs d’enfance.

L’année suivante, je m’enhardis à prendre le train vers l’autre coté de la frontière et traverser la France d’Est en Ouest pour passer une semaine chez une amie à Bayonne, puis rentrer par le Lot et Garonne retrouver des amis.

Autant de plaisir à retrouver mes amis que de découvrir cette France, dont je ne connaissais que les communes voisines à deux pas de mon domicile pour y acheter du bon pain français !

A 18 ans, c’est l’Espagne, ce magnifique pays, qui s’est « offert » à moi avec tout ce que cela pouvait comporter d’émerveillement mais aussi de chocs culturels, non seulement liés à la langue, à la politique (sous Franco), mais bien plus encore, aux rythmes variés du quotidien, venus chambouler les bases de mon éducation helvétique où la ponctualité des heures de repas, la régularité des heures de sommeil, et bien d’autres choses encore avaient été posées comme un fondement inhérent au « bienséant, bien-fondé, bien-pensant, bien-vu, bienvenu et j’en passe !

Et, de loin s’en faut, ce fut un réel plaisir et sans aucune difficulté que jusqu’à ce jour, je n’ai de cesse d’adopter cette liberté, autant que faire se peut, « dormir, vivre, boire et manger » à l’heure espagnole, comme disait ma mère !

Dès lors, « voyager », s’est tout naturellement imposé à moi comme synonyme de rencontres avec « l’autre », d’autres personnes, comme d’autres paysages, d’autres habitudes, d’autres nourritures, d’autres visages, d’autres accents, d’autres horizons tant physiques, matériels, relationnels que spirituels.

Et oui, mon Carnet de Route ne suivra certainement pas de lignes directes vers une quelconque destination, mais bien plus des « flash » chargés d’émotions, ressentis, formés par un banc de sable du Sahara, un sourire du Burkina, des yeux embués de larmes en Guadeloupe, d’une fête de clôture du Ramadan… et… de multiples couchers de soleil des 4 horizons !

S’envoler vers les Terres Québécoises ou rouler vers le Sahara, sont du même ordre, empreint des mêmes émotions partagées entre l’urgence d’arriver et l’émerveillement de tout ce que le chemin pour y arriver comportera aussi bien que la route du retour « chez moi », comme si j’en redécouvrais toute la richesse.

Partir … pour mieux revenir ai-je souvent affirmé !

Avec le recul, je me rends compte en posant ces mots sur mon écran, qu’en 1968, l’idée du voyage était d’un tout autre ordre qu’en ce 21e siècle. On trouvait diverses sortes de voyageurs :

De riches personnages s’offrant le luxe de découvrir le monde pour des raisons qu’eux seuls pourraient énumérer, à but commercial, loisir, ou simple évasion pour échapper à la monotonie dont je ne saurais être ni juge, ni parti, ayant aucune idée de ce qui pouvait se tramer dans leurs vies les expédiant aux 4 coins du monde.

D’autres, n’étaient que de « simples fous », sans autres but que d’avancer vers une destination qui leur offrait des horizons plus justes, déconnectés, dirions-nous aujourd’hui, branchés vers un ailleurs, rêvant d’un autre monde inconnu où le meilleur semblait plus accessible, où l’argent n’était plus leur maître

Sans être ni anar, ni révolté, une simple soif de découvrir autre chose. J’en faisais certainement partie, même si mon but n’était autre que de me rendre utile auprès de ceux qui en avaient besoin.

Mais à quoi peut bien penser une fille de 19 ans, au volant d’une 4L, en regardant dans son rétroviseur son père lui lancer un dernier signe de la main, avec ce seul point de repère sur une carte du monde : Genève – Tchad (?)

Inquiétude, non… angoisse, surtout pas… mille questions, même pas…

Le Tchad.

Il faisait « partie de ma vie » depuis plusieurs années. A force d’en regarder des photos, voir des films – très amateurs – c’est comme si je n’avais rien d’autre à faire que de rouler, rouler, rouler pour en faire désormais réellement partie, non plus dans mon cœur, dans mon esprit, mais y déposer mes pieds, palper de mes mains, regarder de mes yeux, et me laisser prendre aux tripes, par tout ce que j’allais voir de mes propres yeux.

Mon cœur y était déjà, ne me restait plus qu’à y poser les pieds.

Le seule mot « Tchad » évoquait déjà ma maison, là où je poursuivrais ma « formation de femme », partie pour un minium de 3 ou 4 ans, une seule chose comptait : y arriver, et comme le mode « route » s’était imposé comme étant le meilleur marché, je ne savais pas encore que j’allais tout droit vers de magnifiques aventures, mais également au-devant de mésaventures, déceptions, désillusions.

Ce qui est bien quand « on part » … c’est que la plupart du temps on ne peut prévoir que très approximativement « quand on arrive » …

Perso, franchement je trouve que c’est un véritable cadeau divin, que de ne pas tout savoir à l’avance, car on cesserait de vivre, même se lever de son lit, LE premier pas du voyageur, se révélerait impossible.

Voyager, c’est larguer les amarres.

Prendre la route, c’est ouvrir une autre page de la vie.

Partir, c’est ne pas vouloir rester sur place.

Quelle phrase stupide, à première vue… (!)… Et pourtant :

Combien de gens « partent » à contre-cœur, par obligation, que ce soit pour aller à l’école, au travail ou fuir une situation dangereuse, combien d’entre nous, n’aurions-nous pas, une fois ou l’autre « payer pour rester » ?

 Pour moi, heureuse privilégiée d’être née dans un pays libre, partir en voyage a toujours été mon choix, ma décision, et très souvent comme un rêve que je croyais impossible et qui m’a conduite dans des lieux et à des moments où je n’osais même pas y penser !

Retrouver mes parents, mes sœurs après un périple malheureux,

Partir à Philadelphia (USA) pour y suivre un cours d’anglais intensif,

Retourner au Burkina Faso après 10 ans d’absence,

Quitter la ville pour m’installer dans ma « maison du bonheur »,

Me retrouver à l’aéroport de Montréal pour assister au mariage de mon fils, puis y retourner pour la naissance de mes petits-enfants, y fêter un diplôme et d’autres événements…

Découvrir la Guadeloupe, île lointaine et réservée aux riches touristes et plonger dans « sa vraie vie » de l’intérieur…  y revenir la moitié d’une année à l’heure de la retraite, d’où je pose ces mots en ce moment…

Tous ces voyages ont été le fruit de véritables miracles circonstanciels qui se sont réalisés…

Alors, vouloir partir, est-ce vraiment le cas de tous les voyageurs à travers les âges sur notre vieille terre ?

Assurément pas !

18 avril 2020… à suivre…

Carnet de pause

Tel qu’évoqué, lors de mes premiers mots posés comme une esquisse sur ce carnet de route, en ce 8 avril 2020, le temps de “pause forcée” pour une durée indéterminée, me fait prendre conscience de ce que le mot “rester” veut dire dans son sens premier !

C’est alors un véritable “arrêt sur image” qui se profile devant mes yeux…

Et pourtant, suis-je véritablement capable de m’arrêter ?

Écrire, écrire encore, serait ma première réaction contre cette inaction apparente…

“La Plume de Tine”… s’envole dans ma tête, légère comme peuvent l’être les souvenirs les plus doux, chaleureuse comme l’ont été les soirées devant la cheminée du chalet d’alpage, devant lequel je vois encore les jeans détrempés suspendus au dessus de nos têtes rougies d’une journée de bon air, de nos éclats de rires et du reflet des flammes crépitantes…

Ma plume voudrait courir sur ces pages blanches pour revivre, refaire et revisiter les fabuleuses routes sur lesquelles j’ai usé plus de pneus que de semelles…

Réflexions

Dans ce temps particulier, rester confiné chez soi, aura une autre signification pour chaque individu, Je pense que nous sommes tous différents et appréhendons chacun à notre manière cette période inédite pour la plupart d’entre nous.

Alors que je reprenais Ma Plume pour partager mes voyages, par un curieux concours de circonstances, me voilà interdite de sortie, sauf pour nécessité absolue, parce que je suis une vieille dame aux cheveux blancs …

Etre confinés “malgré moi”, c’est quoi  pour moi en ce samedi 18 avril 2020 ?
  • Faire une pause
  • S’arrêter
  • Rester
  • Stopper
  • S’enfermer
  • Se terrer
  • Tirer le rideau
  • Fermer les volets
  • Tourner le dos
  • Dormir … c’est … mourir un peu !?

Autant de mots seront exprimés comme autant de “ressentis” qui se transformeront parfois en divers ressentiments contre les événements qui nous échappent.

Après 4 semaines de confinement forcé, que retenir ?

Alors que j’aborde ce vaste sujet avec cette question cruciale, je vous invite à l’étoffer de vos commentaires :

  • Voyager, c’est quoi ?
  • Faut il nécessairement bouger ?
  • Peut-on envisager de s’évader hors de nos 4 murs ?
  • Peut-on voir au-delà de ce que nos yeux perçoivent physiquement ?

J’en suis intimement persuadée, sans sombrer dans la folie, sans vivre dans le déni, sans fuir nos responsabilités, je suis convaincue que nous avons reçu la capacité, non seulement de rêver, mais de vivre intensément à l’intérieur de nous-mêmes, de saisir cette occasion de temps “libre autrement”, pour l’utiliser à bon escient et restaurer ce qui est resté enfoui, libérer tout ce que nos agendas surchargés nous ont forcé à confiner.

Aujourd’hui nous nous plaignons peut-être de ce qui nous est imposé, mais combien de fois, honnêtement, ne nous sommes-nous pas auto-confinés dans nos retranchements, dans les multiples recoins de nos consciences pour échapper à un examen, briser le miroir qui nous renvoie une image autre que celle dont nous avions – peut-être – rêvé devenir, faire, construire, accomplir.

Et si, de ce bilan en ressort que du positif, rien à revisiter, ni restaurer, si tout ce que nous voyons et faisons nous remplit de satisfaction et de fierté, ne serait-ce pas le moment d’exprimer notre reconnaissance, d’exulter en manifestations de joies, et de reconnaître qu’il est parfois bon de s’arrêter pour mieux repartir …(?)…

Introduction

Au moment d’ouvrir le Carnet de Route caché au fond de ma mémoire, je réalise à quel point la route a toujours fait partie de ma vie…

La notion d’un Carnet de Route pour une Tine toujours en mouvement relève d’une aberration, car j’ai (presque) toujours été en route vers une destination quelconque et le plus juste aurait été d’écrire un « carnet de pause » lesquelles ont été beaucoup plus occasionnelles…

Mais bon, comme j’ai vraiment envie de partager les impressions récoltées au cour de mes voyages, je vais essayer d’en résumer les faits les plus marquants…

Mais attention aux déceptions possibles, car ce qui aura été pour moi un voyage de grande envergure ne l’aurait peut-être pas été pour vous, mes lecteurs.

Chronologie

Lorsqu’un voyageur prend la route, il se contraint (généralement) à tenir un journal de bord pour ne rien perdre de chaque étape du départ à l’arrivée. Un voyage est fait de multiples départs, de pauses, de marches, de repos et d’arrivées sans cesse répétés. Sans chronologie, son récit risquerait de ressembler à un puzzle en désordre et incomplet…

Mais voilà, je n’y suis jamais arrivée, tout était tellement brûlant dans mon coeur, que ma plume n’a jamais su transcrire l’intensité de chaque moment, de chaque kilomètre, de chaque rencontre…

Et c’est pourtant ce risque que je prends en ouvrant ce Carnet de Route.

D’une part parce que je n’en ai jamais écrit réellement et que seule ma mémoire pourra transcrire à ma plume l’essentiel de mes voyages pour les saisir sur cet ordinateur… Mais également parce que sont demeurés au fond de mon cœur bien plus qu’au fond de ma mémoire des éléments que rien ne pourra effacer et dont le calendrier n’a que faire. Parfois je ferai peut-être appel aux courriers envoyés à mes parents pour rester fidèle à la réalité… mais la plupart du temps, je vais remonter le temps et refaire avec vous mes voyages à l’envers…

Aussi, ce Carnet de Route ne sera en aucun cas un dépliant touristique visant à promouvoir la visite de tel ou tel site pas plus qu’à motiver le lecteur à entreprendre un quelconque voyage géographiquement parlant…

Et si des impressions de voyage transcrites sur ces pages parviennent à transporter certains d’entre vous dans un autre temps, dans une autre réalité que celle du présent, alors j’en serais pleinement satisfaite… ceci dit, sans fausse modestie bien sûr… (!?).

Voyage dans le Temps

Un jour, j’entrepris de faire revisiter certains lieux à mon fils aîné, Philippe. Il avait alors 18 ou 20 ans. C’était peut-être bien dans le cadre des heures de conduite « auto-école » pour lui faire pratiquer un peu d’autoroute. Je l’emmenai donc au bord du Lac Léman, de Nyon et à Préverenges où il avait vécu entre 3 et 6 ans. Ce fut bien sûr un moment de partage unique, l’occasion de se rappeler de ses premières petites copines, ses premiers jours au Jardin d’Enfants à Crans, ses premiers jours d’école à Nyon…

Bref, notre remontée dans le temps de sa petite enfance était tantôt mélancolique, tantôt comique et surtout empreinte de beaucoup de tendresse.

Ce qui m’a frappée ce jour-là, c’est son expression d’émerveillement lorsqu’il a revu le petit chemin sur lequel il avait appris à faire du vélo !

Je connaissais l’importance de ses émotions pour les grands jours de sa vie de petit garçon qui apprenait à vivre loin de la protection de ses parents (jouer dehors, aller à l’école…) mais il ne m’avait jamais parlé de cette expérience – somme toute, traumatisante – de son apprentissage de cycliste.

Arrivés sur ce petit chemin, il s’est accroupi, regardé « au loin », scrutant cet horizon avec insistance… “c’était vraiment que j’ai pédalé tout seul pour la première fois sans les 2 petites roues à l’arrière de mon vélo ?”. A mon affirmation qui ne lui permettait aucun doute il n’en croyait pas ses yeux :

pour lui, dans son souvenir, il s’agissait d’une vraie grande route sur laquelle il avait été lâché avec une voix plus ou moins encourageante, qui s’éloignait de lui en criant :

« vas-y, pédale… vas-y… continue ! »…

Peu à peu, il se souvenait des lieux… mais tout lui semblait être miniaturisé… le sentiment de peur qui était resté dans sa mémoire lui apparut soudainement si démesuré ! Ce n’était pas possible d’avoir eu aussi peur et d’avoir eu l’impression d’accomplir un tel exploit pour faire ce tout petit bout de chemin en trois tours de roue d’un tout petit vélo…

Mais il n’avait alors que 3 ans et demi… et sa peur, l’impression de grandeur de « route », du danger et peut-être même de l’abandon était à la mesure de son âge

Voilà ce que peuvent parfois refléter nos sentiments, lorsque nous parcourons des chemins inconnus, des lieux lointains et des cultures étrangères aux nôtres.

Et lorsque beaucoup plus tard nous tournons les pages d’un album de photos il peut même nous arriver de nous demander si c’est bien nous qui avions passé « par là »…

Je souhaite parvenir à rester fidèle et ne pas grossir ou miniaturisé mes souvenirs à l’image du souvenir d’enfance de Philippe.

Ce Carnet de Route revêtira certainement divers aspects de mes voyages effectués :

  • Y avoir été et n’en être jamais revenue.
  • L’inévitable “comme si c’était hier” ou “il y a des siècles“…
  • L’absence de ceux qu’on a laissés et la présence de ceux qu’on a rejoints

Alors ne me gardez pas trop rigueur si la chronologie fait défaut dans mes récits et si parfois vous aurez le sentiment de ramasser tout en vrac, tel un amas de cartes postales expédiées d’ici ou là.

Novembre 2019/Tine

A partir du Livre des Actes, chapitre 27

De par mon éducation bien suisse plus que par mon vécu plutôt chahuté… j’ai toujours été et je le suis plus que jamais, très attachée à l’équilibre que le Seigneur nous enseigne dans sa parole.

Au propre et au figuré, j’ai vécu ce qu’on pourrait qualifier de vie sinon déséquilibrée, tout au moins troublée… Et de par mon apprentissage de la vie d’église dans un mouvement pentecôtiste où l’Esprit de Dieu était le directeur à condition que ses envoyés n’annoncent pas autre chose que ce qui était écrit… parallèlement et pourrait-on dire, paradoxalement éduquée par une maman d’origine calviniste pour qui « chaque chose devait être à sa place » j’ai tôt fait de comprendre que l’équilibre était la seule chose sur laquelle j’aurais à travailler ma vie durant… et la vie m’a permis d’en vérifier la nécessité d’en mesurer le bien-fondé pour ma vie aussi bien dans le monde séculier que parmi les chrétiens.

Heureusement, il y a la Parole de Dieu… parole de notre Dieu en qui l’équilibre est assuré. Ce Dieu créateur de l’univers au travers duquel il a révélé à quel point son sens de l’équilibre tient tout parfaitement bien orchestré…

En cet été de lectures bibliques sur les « croisière en méditerranée »… j’ai littéralement été emmenée en pleines eaux et j’ai largué les amarres en me posant quelques questions d’ordre touristique sur l’effet que produit en nous le mot « méditerranée ».

Voici quelques attraits que les flots bleus de cette belle mer nous inspirent en répondant à une simple question « qu’est-ce que le mot Méditerranée évoque pour nous » :

soleil – vacances – sable – plage – chaleur – détente – loisir – croisière – découverte – voilier – accents italiens – musique etc…

Maintenant si je dis Mer du Nord… qu’est-ce que cela évoque ?

Pays nordiques à découvrir – brouillard – grisaille – froid ou fraîcheur – fjord – banc de glaces – yeux bleus et cheveux blonds – etc…

On peut adhérer ou pas à ces clichés en fonction de ce qu’on a eu le privilège de découvrir tant dans le sud que dans le nord, n’empêche que ce sont presque toujours des clichés qui ne reflètent pas forcément la réalité ni l’absolu le plus total.

Or avec Dieu et au cours de cette croisière en Méditerranée à partir de la bible, nous pouvons voir à quel point « l’absolu de Dieu » dépasse nos clichés et nos critères de l’équilibre… Il ne fait pas tout à fait les choses « comme on aurait pensé »… rien que le fait d’être chrétiens pourrait nous permettre de dire « qu’on a été payés pour le savoir !… »… !

Le chapitre 27 des Actes qui se situe entre le ch. 26 et 28… c’est une évidence totale et ça c’est de l’absolu, on peut le vérifier… Plus sérieusement, ce récit se situe entre le moment où Paul a été accusé par certains juifs de causer des troubles dans le peuple… et 14 jours plus tard, son accostage fortuit sur les rives de la belle île de Malte. (Soit dit en passant, le chapitre 28 est le dernier Acte des apôtres qui nous soient relatés). 

Pour répondre à l’accusation des juifs, Paul se réclame de la justice de l’Empereur pour se défendre. Ce qui peut être surprenant, venant d’un homme qui ne craignait que la Justice de Dieu. Mais nous savons que Dieu avait utilisé ce moyen pour permettre à Paul d’arriver à Rome et d’y accomplir la tâche que nous connaissons aujourd’hui. Imaginez s’il n’avait jamais pu s’adresser aux Romains… NOUS aurions été privés de sa lettre aux Romains où tout le plan de salut des Juifs et des non-juifs est exposé avec tant de détails et de richesses ! Encore un signe de l’équilibre de la parfaite science de notre Dieu ! Je profite de souligner – en passant – que Dieu a lui-même placé des “hommes de lois” avec un cahier des charges bien précis : agir avec équité, justice et vérité. Même si ces qualités ne sont pas toujours le reflet idéal espéré, ils sont là (nous en déplaise – par la volonté même de Dieu (…)

Et puis, ce qui n’est pas négligeable en soi… Paul a pu ainsi voyager aux frais de la princesse dans ce qui aurait pu être une magnifique croisière …

Lisons-le – Actes 27 en entier.

La Mer Méditerranée n’est pas toujours cette belle mer d’un bleu azur où les vagues ressembleraient à notre beau Léman… et dans ce récit elle n’avait rien à envier à l’Océan !

Pourquoi faut-il donc si souvent que Dieu emploie des méthodes aussi foudroyantes qu’impressionnantes pour nous conduire là où IL VEUT… ? N’aurait-Il pu au contraire, les faire voyager tranquillement poussés par un vent moyen… équilibré… juste assez fort pour faire avancer le navire… mais pas trop pour sombrer… ?

Il est le Dieu des éléments ou bien quoi ?…

Revenons à notre navire… Dieu, n’aurait-Il pu les conduire à bon port sans aucun détournement ?

D’ailleurs, à Bon Port, ils y sont passés et n’ont pas accepté d’y rester… eh bien voilà ils sont punis…. ! – en aurions-nous aisément conclut (!)

Et ce grand Dieu, n’avait-Il pas la capacité de tout programmer d’avance sur la base d’un beau planning effectué par la cour de l’Empereur – avec une petite halte bien tranquille sur les plages de Malte… (?)

Je suis convaincue que OUI.

S’Il est ce Dieu de l’Equilibre avec un grand E – qui fait que notre monde tienne sur sa base à « un fil près »… pourquoi ne nous fait-il pas vivre sur une mer bleue, calme et paisible ? Pourquoi laisse-t-Il les flots envahir notre barque ?

On ne peut lire ce texte sans penser à une autre tempête et une barque malmenée par les flots que Jésus a calmés d’un mot… N’avait-Il pas un enseignement à donner à ses disciples pour nous encore en cet été 2007 ?

Imaginons notre navire en partance pour Rome… certes il s’y trouvaient des prisonniers – de la racaille humaine – mais aussi du ravitaillement pour les grands de Rome, et des personnes “de valeur”, tout du moins le capitaine et le propriétaire du bateau… Ce bateau, ses occupants et sa cargaison avaient de la valeur. On peut aisément penser que pour certains passagers, cela représentait une belle occasion de voir du pays, d’admirer la Belle Bleue et de se couler quelques jours heureux… De loin, ces gens n’auraient pas souhaité être sur la Mer du Nord où le froid les attendait, avec de violentes tempêtes prévues d’avance !

Et pourtant… le cliché de la mer Méditerranée, l’une des plus petites mers au sein de laquelle la navigation semble bien plus sûre qu’ailleurs… ce cliché s’éteint. Sur l’écran ne reste plus que le froid, la peur et l’angoisse jusqu’à la certitude de mourir. (v. 20).

C’est ça l’Equilibre de Dieu ?

Battus, vaincus, abandonnés, misérables ?

Sur quelle mer navigues-tu en ce moment ?

A quels vents fais-tu face ?

Dans quel navire t’es-tu embarqué depuis trop longtemps maintenant ?

« Je me suis trompé » – « j’ai fait fausse route » – « quel péché ai-je commis ? »

Souvenons-nous de la réaction des compagnons de voyage de Jonas dans le bateau à deux doigts de chavirer… ne cherchaient-il pas « à qui était la faute » pour qu’une telle tempête fasse ainsi rage ?

Nous lisons aux versets 7+8 « le vent nous a empêchés… » v. 14 : « un vent violent… » v. 18, “la tempête nous secouait violemment…”

V. 27 : “…14 nuits d’épouvante”… est-ce ça « être dans la volonté de Dieu ? »… subir les vents contraires, les outrages et les contretemps ?

Qu’aurions-nous pensé à la place de Paul ? « j’ai peut-être commis une faute d’exiger de voir l’Empereur…je n’aurais pas dû… ou j’aurais dû insister pour demeurer à Bon-Port près de Lasée…Si j’avais su… e patati e patata… » ???

« Cherchez l’erreur ! » ne dirions-nous pas ???…

Combien de fois ne t’es-tu trouvé dans une situation où tous les vents étaient contraires au point de te convaincre que tu avais commis une faute ?

Ou alors n’as-tu pas entendu les vertes représailles de ton entourage te dire « qu’il n’aurait pas fallut »… (?)

Notre ami Job n’était pas sur un bateau, mais sa vie sombrait de toute part, plus rien ne restait debout ni à sa place.

Plus rien n’était « propre en ordre » comme on aime voir les choses dans ma patrie helvétique.

Et si être dans la volonté de Dieu c’était aussi cette apparence de désordre, de dérive où tout va à vaulau*… ? “ce fichu cheni*” qui nous envahi ? Peut-il être voulu par Dieu ? ».

** expressions de Suisse Romande

Attention… quand j’évoque le désordre ou la dérive qui pourrait parfois faire partie du plan de Dieu, je ne parle pas du péché, de l’impureté et de la désobéissance à sa Parole. On s’entend bien là-dessus, du moins je l’espère…

Pour avoir passé par ce désordre-là, et avoir goûté à l’extraordinaire Grâce du Seigneur, JAMAIS je ne me permettrai de dire que le Seigneur « veut que nous péchions pour nous en sortir »… Dans sa grâce IL nous rejoint là où nous en sommes pour nous EN SORTIR mais pas pour nous approuver et nous passer la main sur la tête en nous disant « c’est bien mon enfant, maintenant tu connais ma grâce ! »… NON !

Cette parenthèse étant fermée, je pense que vous comprenez à quel type de désordre je fais allusion en évoquant la possibilité que Dieu, dans son extrême sagesse et sa connaissance de ce qui va advenir de ces étapes chamboulées de nos vies… même en arriver à des extrêmes, aux relents de tempête au point de nous faire chavirer.

Revenons un instant dans ce navire et imaginons ce qu’a été le ressenti des passagers lorsque (v. 39 à 41) ils aperçoivent une baie, un banc de sable. Ils ne savent pas que c’est une île, mais ils espèrent pouvoir accoster. Ils sont tout près du salut… Mais rien n’est encore gagné… le bateau se brise… et les soldats veulent tuer les prisonniers qui auraient réchappé de la tempête mais ne méritaient pas de vivre… (?)… quels auraient été nos sentiments ?

« trop beau pour être vrai »… « impossible ! »… « on n’y arrivera jamais ! »…

« le Seigneur lui-même ne peut plus rien pour moi ! »…

La douleur est trop forte ; le chagrin submerge tout ; la fatigue l’emporte ; la force manque ; le diable est trop fort ; plus rien ne va plus ; seule la mort pourra me sortir de là !

Peut-être n’êtes-vous jamais arrivés si profondément dans la tourmente, réjouissez-vous’en !

Peut-être en êtes-vous qu’aux premières vagues vous aspergeant sur le pont et seul un petit frisson vous saisit avant de rentrer dans une cabine pour vous mettre à l’abri « en espérant que ça ira mieux »…

Où que l’on soit dans cette croisière de la vie… sur la Mer du Nord pris entre les glaces ou sur les Caraïbes un verre de Ti-punch à la main… souvenons-nous que le Dieu de l’équilibre peut utiliser ces grands écarts dans nos vies pour nous ramener à une raison :

Dieu est Souverain, Il fait pleuvoir, venter et chavirer… mais il déroule aussi les rayons du soleil sur nos têtes brûlées… pour nous faire sentir la chaleur de sa présence en toutes circonstances !

Je vous souhaite une bonne suite de croisière après avoir été restaurés par la Parole du Seigneur, auprès du feu de la joie de sa présence par ce texte :

« et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins et ne permettra pas que l’épreuve aille au-delà de votre force ! »

été 2007/Tine

Ciel Gris


Ciel gris

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Ma lecture de ce matin d’octobre 2003 – le Psaume 9 – me rappelle combien la nature est parfaitement équilibrée…

Elle est aussi belle dans cette matinée de grisaille automnale où plus aucun contour ni relief n’est visible… où tout est informe et “vide”… que dans la merveilleuse matinée d’hier où toutes les couleurs composées de poudre d’or et de pourpre sur fond de verdure encore présente, où les lisières des collines se dessinaient sur le bleu intense d’un ciel sans nuage…

Et pourtant ! Nos yeux s’émerveillent davantage devant les belles couleurs sur fond bleu azur que sur la pluie englobant toutes choses et que le brouillard voile les contours connus et insoupçonnés des arbres ou montagnes, en privant nos yeux des couleurs qui s’offrent “normalement” à nous!

Pourquoi donc une telle tristesse s’empare-t-elle des humains lorsqu’il fait gris? Pourquoi est-ce donc si difficile d’admettre que c’est “aussi du beau temps”?

Certes nous n’ignorons pas que la pluie est nécessaire, bienfaisante… que le froid est purifiant et régénérant et pourtant moins cela durerait, mieux cela serait… n’est-il pas ?

La suite de la lecture de ce Psaume met en exergue la grandeur et la beauté de la loi de Dieu.

Alors là c’est plus difficile pour nous! Oui on lit, on chante, on redit la justice et la droiture de Dieu dans toutes ses lois: mais il nous est impossible de l’accomplir!

Sans Christ nous n’aurions pas pu nous relier à Dieu, satisfaire à ses lois et en chanter la grandeur!

Je me mets à la place du psalmiste – encore sans Christ – et qui devait bien lutter pour trouver la force de rester intègre et juste.

Certes Dieu dans sa miséricorde avait mis en place des moyens de rétablir la connexion entre les hommes de bonne volonté et Lui.

Par des rites, des sacrifices qui étaient déjà des actes de foi fixés sur la bonté de Dieu pour leur pardonner leurs impairs et leurs égarements.

Mais nous, aujourd’hui, en Jésus-Christ combien il est bon de se savoir graciés et justifiés par lui et sans cesse “arrosés” par son Esprit pour maintenir le cap sur le but : la progression de notre marche avec lui, de progrès en progrès, de victoire en victoire et de gloire en gloire avec lui et plus jamais seul !

Cet “arrosage” ne serait-il pas comparable à la grisaille de ce matin, où tout est voilé, caché, où plus rien n’apparaît dans notre entourage habituel? N’est-il pas besoin de recevoir cette pluie bienfaisante, ce “refroidissement” purifiant sur nos vies dans un “entourage bouché”, bien cachés derrière le brouillard parfois rebutant mais ô combien utile pour ne plus voir autre chose que le dispensateur de notre renouvellement, ne plus ressentir autre chose que cette pluie bienfaisante du St Esprit, sans diversion, car parfois divertis même par la beauté de ce qui nous entoure, nous en oublions la plénitude de l’Esprit par lequel nous pouvons être renouvelés, inondés, trempés (détrempés même) dans un bain de guérison, de libération et de reconsécration.

Les yeux fixés seulement sur Celui qui envoie cette onde merveilleuse et indispensable à notre vie spirituelle, pour mieux voir ensuite la magnificence de ses oeuvres dans la nature, dans le cœur de nos prochains, dans nos vies ?

Oui en ce matin d’automne, je demande au Seigneur de m’aider à accepter de demeurer un instant dans un brouillard me voilant ce qui me distrait pour mieux rester disponible et réceptive à sa pluie régénératrice dans la terre parfois desséchée de mon coeur.

Conte d’automne

Ecrites il y a une dizaine d’années, “ressorties du cœur de mes souvenirs d’enfant”, ces lignes se voudraient être :

  • un conte pour petits et grands
  • une allégorie nous présentant la nature et son enseignement dont on peut se délecter et s’inspirer
  • un tableau de la beauté d’une saison au sujet de laquelle nous passons d’une humeur grise au sourire de la chaleur de ses couleurs si pleines de vie…

Ces lignes émanent de mon esprit  “resté enfantin et romanesque”, j’ai envie de le partager avec vous en ces magnifiques journées automnales, telles que nous les vivons actuellement en Europe.

La petite feuille qui ne voulait pas mourir !

Tandis que j’avançais dans la brume matinale, mes yeux se fixèrent sur une petite feuille qui tournoyait sans fin, emportée par la brise de ce matin d’automne. Il ne faisait pas encore très froid mais l’air était frais et tonique. Le soleil tendait à percer un brouillard léger qui nous rappelait que l’été était bel et bien terminé et que l’automne déversait sur la nature, sa palette de couleurs chaudes et généreuses.

         Couleurs d’automne… où allez-vous donc chercher tant d’éclats, de beauté et de vie ? Quel est donc votre force pour parvenir à nous faire aimer la fin de l’été et nous jeter à corps perdus vers l’inévitable hiver ? Quel est ce paradoxe qui vous anime, pour que vous sachiez si bien exprimer la fin de tout ce qui nous paraît être le meilleur, à nous êtres humains qui ne vivons si souvent que pour le bonheur des longues journées d’été, la chaleur du soleil – dont on se plaint pourtant dès qu’il brûle notre peau – mais que nous recherchons à tout prix pour plonger dans une atmosphère de détente, de laisser-aller, et synonyme de vacances…

         Couleurs d’automne… comment parvenez-vous donc à détourner notre attention de la mort du beau temps en dessinant si habilement l’histoire d’une fin et l’image de la mort vêtue de vos teintes empreintes de gaieté, de lumière et de joie de vivre ?

         Couleurs d’automne… quelle est donc cette main qui étend son pinceau d’est en ouest, du nord au sud pour nous enivrer de cette unique beauté dont le printemps même ne saurait offrir à nos yeux fatigués à l’issue de trop longs hivers ?

       Couleurs d’automne… quel est donc votre secret ? Qui donc vous a dicté chaque place à occuper, tantôt dorée, tantôt cuivrée, allant jusqu’à imiter la rouille qui, au lieu d’évoquer usure et prochaine cassure, donne à croire à un jour meilleur, étale sous nos yeux une harmonie sans fin renouvelée… justement quand tout ne sera plus que nudité, froid, sécheresse et… mort ?

Qu’y a-t-il de plus beau ? Quelle saison exprime-t-elle mieux la vie, sinon l’automne ? Elle qui devrait annoncer la mort…  L’automne, messagère de la fin de l’été, éclatante de mille feux, rayonnante d’une beauté que seule la nature peut offrir à nos regards émerveillés…

L’automne…

Tandis que, plongée dans mes pensées face à cet automne merveilleux, une petite feuille vint se poser sur la pointe de mes pieds. Si je n’y avais pris garde, je l’aurais certes piétinée.. Me baissant pour la regarder, je n’osais point y toucher.

Pauvre petite feuille” pensais-je, “ta saison est terminée, tu es morte...”

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